Un café, une histoire, une terre…
Mazagran est un village de l'Ouest algérien, près de Mostaganem. En 1558, il donne son nom à une bataille que les poètes chantent encore. Sous la Régence d'Alger, le café arrive avec les Ottomans et devient un art de vivre : celui du café maure.
En 1840, des soldats français encerclés à Mazagran découvrent le café froid des habitants de la région, et le font connaître à toute l'Europe sous le nom qu'il portait déjà. Le Portugal, l'Autriche et l'Espagne l'adoptent à leur tour. C'est le premier café glacé de l'histoire : avant le frappé, avant le café liégeois, il y avait le mazagran.
Café Mazagran a exhumé ce legs méditerranéen pour le ramener chez lui. Depuis notre torréfaction de Khemis El Khechna, nous servons chaque mois des milliers de foyers et de cafés, avec un seul engagement : un café régulier, généreux et fier de ses origines.
Un café, une histoire, une terre…

Aux origines
Venu des forêts d'Éthiopie et éveillé au Yémen, le café voyagea à travers tout l'Empire ottoman jusqu'aux rives de l'Algérie.

Été 1558
La légende raconte qu'à l'été 1558, à Mazagran, dans l'actuelle wilaya de Mostaganem, ville blanche penchée sur la Méditerranée, trois mondes se rencontrèrent : les janissaires ottomans de Hassan Pacha, les hommes des tribus algériennes et les soldats espagnols, sous le commandement du comte d'Alcaudete.
Au soir de la bataille, le vieux comte d'Alcaudete était tombé. Son fils, le jeune Don Martín de Córdoba, était prisonnier avec des milliers de ses soldats.

Les captifs
Fidèles à la tradition locale, qui voulait que l'on traite bien les prisonniers de guerre, les vainqueurs offraient chaque soir aux captifs espagnols un café brûlant, servi dans de petites tasses. Mais à cette époque, le café était encore inconnu en Europe : eux n'avaient jamais goûté au café, et son amertume corsée les rebutait.

La naissance
Pour en adoucir l'amertume, leurs geôliers l'allongèrent d'eau très fraîche des puits, d'un zeste de citron et d'une goutte d'eau de rose. La boisson avait le goût de l'ombre, de la brise et de la lune. Le premier café glacé de l'histoire venait de naître.

Le retour
Captif lui aussi, Don Martín, fils du comte, ne fut libéré qu'en 1561, contre une rançon de 23 000 écus payée par son frère Alfonso au pacha d'Alger. Il rentra en Espagne, emportant avec lui, dit-on, le goût de ce café froid.

1840
Près de trois siècles plus tard, en février 1840, des soldats français encerclés quatre jours dans le fort de Mazagran par les troupes de l'émir Abdelkader, et privés de feu, dit-on, découvrirent à leur tour le café froid des habitants de la région, relevé d'un zeste de citron.
De retour en France, ils le firent connaître à toute l'Europe, sous le nom qu'il portait déjà : le mazagran.

Aujourd'hui encore
Les anciens d'Algérie boivent encore leur café à l'eau de rose. On le servait dans une longue tasse à pied, propre à la région, que l'on appelle aujourd'hui la tasse mazagran.
Le nom de ce café froid était déjà le sien : celui de la ville où il est né, Mazagran.

Autour du monde
Depuis, le mazagran fait le tour du monde : au citron au Portugal, avec un glaçon et du rhum à Vienne, en « café del temps » à Valence. En 1994, la plus grande chaîne de cafés au monde lance même son « Mazagran » en bouteille aux États-Unis.
Café Mazagran le fait revivre entre les deux rives de la Méditerranée : en Algérie, où il est né, et en Espagne, qui l'a adopté.
Sous la Régence d'Alger, le café devient un lieu : le café maure, où l'on parle, joue, écoute la musique et refait le monde. C'est cet héritage que nous mettons dans chaque sachet.
Notre univers puise dans la Méditerranée : le fort de Mazagran face à la mer, les verres ciselés, les cartes postales anciennes de Mostaganem, l'odeur du grain qui vient d'être torréfié.
Le goût d'un patrimoine. Café Mazagran, né dans la ville méditerranéenne de Mazagran, en Algérie.
Nous torréfions avec la patience d'un savoir-faire ancien et la régularité d'une maison moderne.